Accueil > Actualités > Entretien avec Daniel Tragus
L’année 2024–2025 a, une nouvelle fois, été marquée par de nombreuse crises et tensions sur le plan international. Quel regard portez-vous sur ce contexte instable et quelles en sont les conséquences pour EXEL Industries en termes de performances ?
Daniel Tragus - Nous vivons une époque où, en effet, le monde est de plus en plus imprévisible et volatil. Les incertitudes liées à la politique tarifaire américaine l’illustrent parfaitement puisqu’elles ont généré un attentisme au niveau mondial et une relative instabilité pour le climat des affaires. Elles ont aussi généré des coûts supplémentaires que nous avons dû répercuter dans nos prix de vente. Si l’on regarde l’évolution de nos marchés, celui de l’agricole est en recul tandis que celui de l’industrie est stable avec des phases de croissance contrastées selon les régions et les gammes. L’activité Jardin a, quant à elle, connu une belle progression. La diversification de nos activités nous permet, une fois encore, de mieux résister aux chocs. Il n’en reste pas moins, qu’au total, notre chiffre d’affaires annuel accuse une baisse de 10,6 % pour s’établir à 983 millions d’euros. Malgré ce climat dégradé, notre cash-flow opérationnel est en hausse à 101 millions d’euros, soutenu par la nette amélioration de notre besoin en fonds de roulement. Enfin, l’endettement du Groupe a diminué de 30 millions d’euros, ce qui constitue une bonne nouvelle.
Quelles sont les principales avancées qui ont marqué l’année ? Que disent-elles de l’évolution du Groupe ?
D. T. - Nous avons tout au long de l’année initié ou achevé un certain nombre de projets structurants. D’abord en matière d’investissements puisque nous continuons de moderniser nos systèmes d’information et notre outil de production. Nous avons en effet mis en place
chez Sames un nouvel ERP et achevé les travaux sur le site de Stains qui est désormais totalement opérationnel. Ensuite, en matière de développement et d’innovations avec le lancement de trois nouveaux automoteurs chez Agrifac, avec l’élaboration dans toutes nos sociétés d’un plan produits ambitieux qui se poursuit, et avec les ouvertures de filiales de Sames et d’Agrifac au Canada qui vont nous permettre de mieux faire face aux défis actuels en Amérique du Nord. Nous avons aussi déployé différentes actions pour dynamiser nos services après-vente et connu de belles avancées dans l’économie circulaire. Enfin, sur le plan social, nous avons effectué notre 2e baromètre pour lequel nous avons enregistré un taux de participation de 80 % dans le monde. Au-delà de ce score, qui nous réjouit, nous avons constaté une amélioration du taux d’engagement de nos collaborateurs. C’est le signe que nous sommes sur la bonne voie et que nos plans d’action portent leurs fruits. J’ajoute que nous continuons d’accompagner nos équipes dans leur montée en compétences notamment à travers un plan de formation à l’intelligence artificielle. Déjà intégrée depuis plusieurs années dans nos processus industriels et certains de nos produits, l’intelligence artificielle a désormais vocation à être diffusée plus largement, afin d’élaborer de nouveaux cas d’usage et gagner en productivité.
Les questions de durabilité animent fortement les débats politiques, tant en Europe qu’en Amérique du Nord. Comment le Groupe aborde-t-il aujourd’hui le sujet de la transition climatique et écologique ?
D. T. - C’est un sujet sur lequel nous sommes pleinement engagés. Nous avons publié notre premier rapport de durabilité au format CSRD et disposons désormais d’informations et d’indicateurs fiables. Si cette démarche, sur laquelle nos équipes ont su se mobiliser, nous offre une photographie à date de notre maturité sur les volets ESG, elle nous a aussi permis d’engager différentes actions, notamment autour du pilier environnemental au sein duquel nous avons pour objectif d’optimiser le scope 3 de notre bilan carbone. Recours au biocarburant HVO, recherche d’une meilleure efficacité énergétique pour nos machines, développement de systèmes hybrides, démarche d’électrification, autant d’initiatives tournées vers l’amélioration de notre empreinte environnementale. Notre enjeu est simple : nous voulons proposer à nos clients des solutions qui conjuguent performance économique et respect de l’environnement. Nous agissons aussi, dans la continuité de nos actions passées, pour que nos clients minimisent autant que possible leur utilisation de produits phytopharmaceutiques. Pour le dire en un mot, nous continuons de progresser et de nous structurer sur ces questions de durabilité qui sont pilotées par la holding.
Quelle ambition fixez-vous à EXEL Industries en 2025–2026 ?
D. T. - Le cap se résume en trois thèmes : maîtrise de nos coûts de revient et de structure, poursuite de nos plans d’innovation produits et de modernisation, amélioration de notre capacité d’exécution. Nous devons travailler sur notre productivité interne et associer nos fournisseurs à la compétitivité de nos produits. L’innovation produits nous permet de nous différencier dans un environnement très concurrentiel. L’interopérabilité de nos produits avec les systèmes de nos clients et la poursuite de la digitalisation de nos organisations représentent des enjeux majeurs. La facturation électronique sera un des projets phares de l’année. Enfin, nous devons toujours améliorer notre performance et notre capacité d’exécution pour gagner en rapidité et en agilité dans un monde toujours incertain.
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